Il n’y a pas tellement d’éléphants dans nos vertes campagnes, ou d’équivalent à l’éléphant : dans le genre gros animal capable de produire plus de bruit que nous. Un mois par an, il y a le cerf, dont le brame, barrissement vital, traverse les forêts.

Après l’expérience en Touraine (et ses forêts privées) en 2020, c’est en forêt domaniale du Gâvre que nous tentons cette année notre chance, avec l’ami Charles Sagnet, grimpeur et ingénieur du son, tout juste ébahi par les possibilités du binaural natif.

Avec l’accord de l’ONF et l’aide précieuse de Vladimir Tessier, technicien forestier territorial, nous posons une paire de KU en l’air, le plus loin possible des sources sonores anthropiques. C’est bien entendu illusoire : le brame attire du monde, a fortiori le week-end, les routes traversantes, bien droites, offrent de sublimes crescendo-decrescendo de moteurs thermiques et la proximité de Nantes des survols aériens, enflés par on ne sait trop quels phénomènes atmosphériques.

Les cerfs bougent, bien sûr : à ce stade de repérage, il faudrait quadriller la forêt avec une douzaine de systèmes pour espérer “pêcher” de la proximité. Nous en avons quatre pour cette exploration et commençons petit.

Les humains finissent par aller dormir et vers une heure du matin, les cerfs retrouvent un espace sonore à peu près complet. Dans cet extrait, les animaux sont encore loin, le gain de préamplification élevé (environ 75 dB), aux limites du rapport signal/bruit habituel de nos productions, mais qu’est-ce que c’est beau, ces dinosaures dans la réverbération forestière !

Catégories : Nature