Pour son prochain spectacle en audio 3D de haute qualité (L’Examen Moyak), l’Agence du Verbe a fait développer un outil de simulation informatique dédié à la diffusion binaurale collective.

L’étude a bénéficié d’une aide de la Région Bretagne, du Conseil Général des Côtes d’Armor, de la ville de Guingamp et du laboratoire d’audio 3D d’Orange Labs à Lannion. L’outil est désormais accessible à tous gratuitement.

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L’Examen Moyak fait interagir des scènes préenregistrées et des actions sur le plateau, captées en direct. Le public a une connexion visuelle directe avec la scène, mais la connexion sonore est fournie par le ou les mannequins de prise de son, avec un autre point de « vue » (point d’ouïe). La réalisation doit donc composer avec une fenêtre d’intégration audiovisuelle variable.
La fenêtre d’intégration audiovisuelle est la faculté cognitive d’associer en temps réel un objet visuel à son corollaire sonore (percept unique) quand l’un et l’autre sont décalés dans l’espace (un visage et une voix par exemple). Dans la fenêtre d’intégration, les objets sont perçus associés, hors d’elle, ils sont perçus dissociés.

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Une étude conduite au théâtre du Champ au Roy à Guingamp a permis de vérifier les hypothèses de départ. Il fallait observer à partir de quel angle les deux connexions visuelles et auditives ne paraissaient plus corrélées. Les expériences menées dans la salle ont montré des phénomènes de « magnétisme » : quand la projection sonore est détachée de son corolaire visuel, elle peut sembler se fixer sur d’autres « objets » physiques (porte, mur, haut-parleur, etc.), selon la nature des événements sonores.

Sur cet exemple d’un relevé de test, les projections sonores déterminées par la relation géométrique entre la source réelle et le mannequin sont en couleurs adoucies. Les réponses de l’auditeur testé (ici un auditeur « non expert ») sont les pastilles de couleur, en l’occurence « collées » sur la source réelle. Pour cet auditeur, le décalage angulaire ne l’empêche jamais d’associer le visuel et le sonore. L’auditeur dira plus tard « qu’il était captivé par la voix de l’actrice ». La diversité des réponses indique probablement que le cognitif joue un rôle considérable dans la reconstruction spatiale audiovisuelle.


L’outil de simulation permet, à partir du plan de salle, de visualiser l’angle audiovisuel pour chaque spectateur, en fonction de la position du mannequin et de celle de la source sonore sur scène.
Avec un seul mannequin, il est impossible d’obtenir un faible écart angulaire général. L’étude sert à doter la réalisation d’un outil de synthèse et doit aider à trouver des solutions dans l’écriture et la conduite du spectacle.

Le simulateur a été développé sous Processing par Rui Emmanuel Candeias, ingénieur Arts et Métiers impliqué dans L’Examen Moyak.
Sur ces captures d’écran, le mannequin est représenté par le point noir et la source réelle par le point blanc ; la constellation de points bleus traduit la projection géométrique de la connexion sonore pour chaque fauteuil vert.

Ici, le mannequin regarde devant lui.

Le survol avec la souris permet de faire apparaître le vecteur de chaque fauteuil.

Le mannequin regarde cette fois la source réelle.

Un grand merci à toute l’équipe et à nos partenaires.

Chaque zip contient l’application pour l’OS spécifié, la notice d’utilisation et un plan à l’échelle du théâtre du Champ au Roy, Guingamp (fourni à titre d’exemple).

Version Mac / Version Windows 32 bits / Version Windows 64 bits