Le terme est relatif aux fonctions assurées par les deux oreilles (« bi-aural »).
Il évoque donc la fonction d’écoute naturelle des animaux dotés d’une ouïe à deux oreilles (mais je ne sais pas s’il existe dans le règne animal normoentendant une ouïe non binaurale ; ma grand-mère n’avait plus l’ouïe binaurale, mais c’est une autre histoire).


Aujourd’hui, le terme binaural évoque aussi l’espace de projection tridimensionnel que le cerveau de l’auditeur synthétise à partir d’une information sonore à deux voies (gauche et droite).

Le son binaural est à la croisée de l’audio 3D et de l’écoute naturelle et met en jeu des fonctions de transfert spécifiques (deux oreilles séparées par une tête). En binaural, les indices de localisation spatiale découlent, comme pour les couples microphoniques stéréo, de différences de temps et d’intensité, mais également des transformations spectrales qu’opère la morphologie de l’auditeur. L’oreille colore le son pour fournir des indices typiques. On nomme cette fonction par l’acronyme HRTF, de l’anglais Head Related Transfert Function.

Le terme désigne également, depuis 1930 (Blumlein), les techniques de captation et de reproduction sonore qui s’inspirent de l’écoute naturelle.

En audio 3D, on distingue aujourd’hui deux approches complémentaires : le binaural dit « natif » et le binaural dit de « synthèse ». Le premier est plus ou moins bio, tandis que le second résulte d’une sorte de clonage.

Le binaural natif est, comme son nom l’indique, un binaural « de naissance » : la fonction de transfert binaurale est obtenue par l’effet d’une tête (artificielle ou non) sur le champ sonore que l’on souhaite capter. Le fichier stéréophonique qui en résulte contient l’effet de la tête de prise de son et les événements sonores y sont inscrits avec toutes leurs caractéristiques individuelles et d’interaction. La position des sources et l’acoustique du champ sonore ne sont pas modifiables après coup, par exemple.

Le binaural de synthèse est bien, quant à lui, un binaural de post-production : la fonction de transfert binaurale est appliquée par convolution à un son quelconque (ou à un mix) pour lui conférer une caractéristique 3D. C’est une opération réversible, dynamique, souple, adaptée aux processus de production actuels.

Le binaural natif est un outil de prise de son, précis et très immersif, tandis que la synthèse devient un format de diffusion pratique, et notamment de transcodage (depuis des formats multicanaux). En réalité, ces deux approches (ou leur mélange) répondent à des questions bien différentes, avec des résultats très différents.

Sur le plan électrique, le son binaural est un signal à deux canaux corrélés en phase, en intensité et sans aucune diaphonie.

Le moyen de diffusion privilégié est le casque stéréophonique (ou les écouteurs) parce que chaque oreille doit seulement recevoir le signal qui la concerne. Des méthodes existent pour conserver des sensations 3D avec une diffusion binaurale sur enceintes acoustiques, mais personne n’en voit plus tellement l’intérêt aujourd’hui.

Le son binaural auquel se consacre 3D-Radio n’a donc rien à voir avec ce que les Anglo-Saxons nomment le « binaural beat », méthode de modification de l’état de conscience induite par le battement de fréquences proches. Rien à voir.