AES 2016

La 140ème édition de la convention de l’AES était éminemment binaurale et grâce à France Télévision nous avons eu l’honneur de sonoriser avec une centaine de casques les présentations consacrées au format binaural.
La présentation (en anglais) de nos propres travaux est (ré)écoutable ici même.

Feichter Audio

Un micro vraiment miniature chez Feichter Audio pour la mesure d’HRTF conduit bloqué. La réponse en fréquence est équivalente à celle d’un DPA4060 jusqu’à 10KHz et les micros sont fournis appairés avec une préamplification de grande qualité.
Le système de diffusion S2/D8 que nous avons fait développé pour nos spectacles est désormais disponible dans sa version commerciale. Un système complet distribue vers 64 casques en PCM 24bits/96KHz avec un rapport signal/bruit remarquable. Les systèmes peuvent être chaînés.

Cry, Baby Cry

A quoi peut bien servir le son binaural ?
A quoi peut bien servir de mettre en scène la réalité sonore ?
3D-radio apporte sa pierre.

What’s the point of binaural sound ?
What may be the purpose of staging the acoustic reality ?
3D-radio makes its contribution.

Avertissement : compte tenu de la surpopulation mondiale, 3D-Radio n’incite pas à la procréation.
Warning : given the global overpopulation, 3D-radio doesn’t encourage procreation.

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Couture au petit point d’extraits du spectacle, sur le tempo de la scène d’ouverture.


Et avec la vidéo, ça se passe ici.

Avec les voix de Morgan Touzé, David Kleinman, Alfred Tomosi, Enora Le Voyer, Virginie Sabis et Andréa. Musique de Christophe Ruetsch.

Radio

Sur les ondes nationales, deux émissions pour approcher le son binaural.

Autour de la question, de Caroline Lachowsky, RFI
L’Atelier du son, de Thomas Baumgartner, France Culture

Paysages

J’ai encore eu l’occasion d’entrer dans le paysage.
J’ai eu l’occasion de revenir au sonore pour dire quelque chose d’un territoire où l’image ne montre pas grand-chose.
Ingénieur du son et auteur, je suis allé enregistrer la trace d’un événement qui n’a désormais cours qu’en secret. Ce geste a pris six ans et il n’est pas terminé. C’est assez lent.
Il m’a fallu apprendre comment tenir debout dans des paysages où l’homme est un souvenir, quelquefois moins.
Le preneur de son n’est plus le témoin de phénomènes macroscopiques, mais celui de sa propre singularité, seul dans des kilomètres cubes de «silence». Il faut inventer un mot pour parler de notre disparition totale de la gamme de l’audible, à des endroits qui nous ont pourtant connus.

Je parle d’une sauvagerie récente. Celle-ci a vingt-neuf ans. De fait, ces sonographies sont de pures ambiances. Quantité de signaux y sont intelligibles, mais leur lecture a glissé. Quantité de choses se jouent, mais rien dont nous sommes acteurs. Nous avons cessé d’émettre.
Le cerveau du preneur de son sait très bien reconnaître qu’il est seul à fonctionner dans ce volume territorial intense.
Que fait-il là ? Est-il en danger ? A-t-il peur ? Et de quoi ? De son propre bruit ? De celui du compteur, seul et dernier artefact ?
Comment témoigner de cette expérience autrement qu’en transportant l’auditeur ? C’est-à-dire par le véhicule d’une transposition efficace ?
Il m’a fallu passer par bien d’autres captures (tourner en super8, faire patienter la lumière dans un sténopé, planter du film radiographique dentaire, écrire) pour en revenir à l’évidence de la prise de son binaurale.
Comment mieux transporter l’auditeur qu’en l’immergeant des dizaines de minutes dans ces paysages, dont le caractère banal n’en est pas moins brutal ?
C’est donc par le biais du mannequin – alter ego éteint – que la chose entre en moi, comme j’entre en elle. J’entre dans le paysage. Et ce n’est pas disparaître, mais se reconnaître, singulière petite bestiole consciente.

L’Examen Moyak

L’Examen Moyak porte le nom de son inventeur, Ernest Moyak, ingénieur franco-turkmène né en 1979 à Dashoguz.
L’invention de Moyak permet de matérialiser l’âme humaine dans la sphère sonore au moyen d’un procédé de transfusion cognitive à base de son binaural. Ce qui signifie que l’âme s’extrait de la personne pour s’incarner, si l’on peut dire, dans un fantôme sonore palpable, doté d’une certaine liberté de ton en général.

L’Examen Moyak devient célèbre fin 2017 lorsqu’il est déployé en masse dans les tests automatiques d’embauche, en pleine disparition de l’emploi.
Avisée, l’Agence du Verbe a négocié une licence d’exploitation du procédé et l’applique en 2016 à un chômeur volontaire : l’inspection de son âme en direct et en public peut lui permettre de gagner un travail.
L’émission est francophone et se présente sous la forme d’une simple séance de spectacle vivant (catégorie « théâtre sonore »). Chaque spectateur a un casque et participe au jury de l’émission. Ce soir-là, le job miraculeux est offert par une ONG de management environnemental post-industriel, Nouvelle Agence Coloniale.

Auparavant, l’Agence du Verbe a organisé, courant 2015, des séances de prises de son binaurales en public, de façon, précisément, à capter des ambiances de public. Ces captations doivent permettre de manipuler le public réel des séances de l’émission-spectacle (en 2016 donc).

Les dates des prises de son publiques seront communiquées sous peu. Ces opérations sont intéressantes : elles transposent au théâtre le concept de « première partie », que l’on connaît pour les concerts de rock, et servent également de publicité vivante à l’émission.
Une animatrice s’adresse dix minutes au public pour lui soutirer les réactions préécrites dans le scénario du spectacle.

Par ailleurs, nous devons signaler que le robot-araignée va bien désormais et qu’elle parle. Il faut dire « elle ».
Après réflexion, elle a dit qu’il fallait dire « elle », et l’appeler « Andrea ».
Nous transmettons.
En savoir plus (vidéo) : une publicité sur Radio-Tchernobyl
Et ici même, la version audio.


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