Une fiction art-science de 18 minutes à déguster secoué.
C’est vrai que vue de l’espace, la Terre a l’air séduisante comme ça avec son bleu, ses nuages, sa petite lune. Mais la Terre tremble. En permanence. Nous en prenons seulement conscience quand ça dépasse les bornes, mais cette planète est un énorme système thermique, où l’énergie circule sans cesse… et travaille à notre insu. Vu de l’intérieur, c’est même carrément flippant. C’est pourquoi il faut informer les voyageurs de l’espace avec toute l’honnêteté d’un office du tourisme sérieux. Surtout lorsque l’avenir des visiteurs dépend d’œufs si fragiles.
Pour qui n’a pas éprouvé l’expérience d’un tremblement de terre, le phénomène reste mystérieux ou abstrait. Notre dispositif de médiation propose de prendre conscience par le son de la diversité, de la répartition et de l’énergie des séismes, témoins permanents de l’activité et de la structure de notre planète.
Imaginé pour l’appel à projets de la biennale du son Le Mans Sonore, ce projet art-science, vise à faire prendre conscience de l’activité sismique de notre planète, notamment à partir de la transposition dans le domaine audible de signaux sismologiques captés par les réseaux mondiaux.
[…] La très grande majorité des ondes enregistrées par les sismographes proviennent de l’activité sismique naturelle, mais d’autres événements viennent également faire trembler la Terre : éruptions volcaniques avec ondes acoustiques dans l’atmosphère, fracturation hydraulique aux USA, glissement de terrain au Groenland, explosions nucléaires…

Les ondes des séismes de magnitude supérieure à 5 parcourent l’intégralité de la planète. Mais, par exemple, en comparant les signaux des stations québéquoises (UQAM Seismograph Network) et sarthoises (réseau français), on peut mieux discriminer les secousses naturelles des vibrations anthropiques.
On distingue ainsi celles venant des zones de fracturation aux USA, celles des séismes naturels locaux des Appalaches et même celles beaucoup plus originales comme les vibrations d’un fjord au Groenland, mis en résonance pendant 10 jours en septembre 2023 suite à un glissement de terrain, provoquant ainsi un acouphène de la planète.
[…] Le dispositif de médiation repose sur une sonorisation hybride binaurale et haptique (vibrations) épaulée par des représentations visuelles. Le public bénéficie donc d’une projection audiospatiale à 360° et, sans doute pour la première fois, d’une stimulation haptique en phase avec la nature des phénomènes vibratoires en jeu.
Terra Vibrato est diffusé à la Fonderie du 21 au 23 janvier 2026 (cinq séances par jour), sur réservation.

Une production de l’Agence du Verbe, avec les voix de Morgane Touzé, Marine Ginod, Maya Rueff (pour la première fois) et Alfred Tomosi. Terra Vibrato est réalisé par Pascal Rueff.
Terra Vibrato bénéficie de l’expertise scientifique d’Eric Beucler, Mickael Bonnin et Pierre Strzerzynski, de l’Observatoire des Sciences de l’Univers Nantes Atlantique (Osuna) et du Laboratoire de Planétologie et Géosciences (LPG) et le dispositif de diffusion haptique est réalisé avec l’aide de Bruno Gazengel et de l’Institut d’Acoustique Graduate School (IA-GS) et du Laboratoire d’Acoustique Le Mans Université (LAUM).





